Un arbre est tombé sur le toit des Marti, une vitre a explosé. A l'intérieur, tout est trempé... Mais ils s'en sortent bien. Ce
sont eux qui le disent : « Nos pensées vont surtout à notre voisin. » Le chalet du conseiller municipal de Saint-Etienne, Georges Lupo, et de sa compagne a littéralement été
pulvérisé par la coulée. Le couple était au travail, hier matin, lorsque l'avalanche a emporté sa maison. Il n'y avait à l'intérieur que le chien. Il a été enseveli sous des tonnes de
neige.
« On l'entendait gémir, rapporte un autre riverain. On s'est précipité pour essayer de le dégager. M. Lupo, qui
travaille à la Trésorerie de Saint-Etienne, est arrivé. Puis, très vite, une première équipe de secours. » Tous saluent la promptitude des sauveteurs. « Chapeau, concède
Jean-Louis Marti. Ils étaient là tout de suite. Même les pisteurs d'Auron sont descendus. »
« Ouf, il ne manquait personne »
Sous l'amas de neige, lourde et compacte, les secouristes ont réussi à extraire le chien des Lupo de sa prison de glace. L'animal
blessé a été conduit par les pompiers vers une clinique vétérinaire. Un peu plus tard, ses maîtres prenaient également la direction de Nice. Extrêmement choqués, ils ont été hospitalisés à la
demande du médecin de la commune. Le Dr Bernard Augier fut sans doute l'un des premiers à arriver sur les lieux de l'avalanche. Il témoigne également. D'abord de sa « terreur
» en découvrant le hameau éventré par la coulée de neige... Et puis, très vite, le « soulagement » : « Les habitants étaient rassemblés au bord de la route. Ici, tout le
monde se connaît. J'ai vite fait l'inventaire... Ouf, il ne manquait personne. »
Malgré tout, gendarmes, CRS et pompiers ont sondé par précaution la coulée. Le bilan humain ne s'est pas alourdi. Seules les
occupantes du poulailler, devant la maison de Martine et Hugues, ont été emportées à jamais.
Frôlés par la mort blanche
Une maison pulvérisée, trois autres endommagées, quelques volailles décimées mais il n'y a pas eu mort d'hommes. Tous s'accordent
à dire que c'est « un miracle ». La plupart des habitants du Cialancier, ce hameau composé d'une dizaine de chalets, ont frôlé la mort, hier matin.
L'épouse d'Albert Fabron était allée nourrir les poules dix minutes seulement avant que l'avalanche ne se déclenche. Hugues,
venait de rentrer. Comme d'habitude, il avait garé sa voiture sous le châtaignier déraciné par la coulée. La maison de Christiane, où le souffle glacial s'est engouffré, est sens dessus
dessous. Celle des Fulconis est littéralement emmurée par la neige.
Le balcon au premier étage de la maison de Magalie a été emporté... Mais, la frayeur passée, tous relativisaient hier : « Les
dégâts, ça se répare. L'important, c'est qu'il n'y a pas de mort. »
Les Lupo ont tout de même perdu leur toit et tout ce qu'il abritait. Le coup est dur. Et pour que la montagne ne frappe pas à
nouveau, des mesures de prévention ont été prises. Les habitants du Cialancier ont été évacués pour la nuit (voir par ailleurs). Tout comme une centaine de résidents d'autres hameaux
de la Tinée et de la Gordolasque dont les habitations se trouvaient sur des couloirs d'avalanche connus.